Un guichet, une directive, trois codes
Si votre maison est à Monthey, Collombey-Muraz, Vouvry, Vionnaz, Troistorrents, Val-d'Illiez, Champéry, Port-Valais ou Saint-Gingolph, votre dossier d'aide ne part pas à Lausanne. Il part au Service de l'énergie et des forces hydrauliques (SEFH), à Sion, et le dépôt se fait sur la plateforme du Programme Bâtiments. Le texte qui fixe les conditions est la directive 2025 relative aux programmes de promotion énergétiques du canton : c'est elle qui est en ligne, et c'est elle qu'il faut lire.
Trois codes vous concernent. M-05 pour une pompe à chaleur air-eau jusqu'à 70 kW. M-06 pour une machine sol-eau ou eau-eau dans la même limite de puissance. Et un troisième, que presque personne ne connaît et qui change tout dans nos villages de coteau : IP-19, qui vise la première installation d'un système de distribution de chaleur hydraulique. Autrement dit : le programme qui existe précisément pour ceux qui quittent des convecteurs électriques et doivent créer un circuit d'eau de zéro.
Aucun montant ne figure sur cette page. Ni les barèmes, ni les plafonds, ni les seuils. Ils changent, et le canton précise lui-même qu'un programme peut être arrêté sans préavis si le budget est épuisé, et qu'il n'existe aucun droit à l'obtention d'une aide financière. Le chiffre du jour se lit chez le SEFH, nulle part ailleurs.
La souplesse valaisanne : le dépôt, pas la décision
Voici le point que la plupart des pages en ligne formulent mal, quand elles ne le confondent pas purement et simplement avec le régime du canton voisin. Contrairement au canton de Vaud, où la demande doit être approuvée avant le moindre travail, le Valais ne vous demande pas d'attendre la décision d'octroi pour commencer. Les travaux peuvent débuter dès réception du courriel du SEFH attestant du dépôt de votre demande.
La directive assortit toutefois cette souplesse d'un avertissement qu'il faut lire en entier : vous entreprenez alors les travaux à vos propres risques, c'est-à-dire sans garantie d'obtenir quoi que ce soit. Seule la décision officielle confirme que votre projet remplit bien les conditions du subventionnement. Le courriel de dépôt ouvre le chantier ; il ne promet rien.
La bonne façon de s'en servir : déposer tôt, obtenir l'accusé de dépôt, et n'engager la dépense qu'une fois raisonnablement certain que le dossier est complet et conforme. La souplesse valaisanne fait gagner des semaines, pas des certitudes.
La règle qui, elle, ne bouge pas
Une chose reste absolue, et elle vaut sur les deux rives sous des formes différentes : une demande déposée après le début du chantier n'est pas examinée. Le canton n'entre pas en matière sur des ouvrages déjà entrepris ou exécutés. Le dépôt doit donc précéder le premier coup de pioche, sans exception et sans rattrapage possible.
Il faut aussi savoir que le versement n'intervient qu'à la fin, sur remise d'un formulaire d'achèvement accompagné des factures, des photos et du protocole de mise en service — et que le canton procède à des contrôles sur place par échantillonnage. Enfin, la décision a une durée de validité : un dossier obtenu puis laissé dormir plusieurs années ne se réveille pas tout seul.
Les conditions techniques, celle qui compte double en altitude
- La machine doit être électrique et remplacer un chauffage au mazout, au gaz naturel, ou un chauffage électrique fixe à résistance.
- Elle doit en principe couvrir la totalité des besoins de chaleur du bâtiment — chauffage, ventilation et eau chaude sanitaire — le solde éventuel devant provenir d'une énergie renouvelable. Un appoint par résistance électrique n'est pas admis.
- La certification PAC système-module est exigée pour la subvention. Au-delà de 15 kW, à défaut de système-module, il faut fournir un label de qualité reconnu et la garantie de performance de SuisseEnergie. Rappel utile : c'est une condition d'éligibilité de la subvention, pas une condition de légalité de votre installation.
- La machine doit pouvoir assurer seule la chaleur nécessaire au moins jusqu'à la température extérieure de dimensionnement retenue pour votre situation, calculée selon la norme SIA 384/2.
Cette dernière condition est celle qui piège les projets de montagne. À Champéry, aux Crosets, à Morgins ou à Torgon, la tentation est grande de choisir une machine un peu juste et de compter sur une résistance d'appoint pour les grands froids. Ce raccourci vous fait sortir des conditions : une machine sous-dimensionnée peut vous coûter l'aide en plus du confort. Le dimensionnement se discute avant la commande, pas après la pose. Nos projets en altitude partent tous de là.
Ce qui n'est pas subventionné
Les codes M-05 et M-06 visent un remplacement. Une pompe à chaleur posée dans une construction neuve n'y donne pas droit : dans le neuf, le renouvelable est de toute façon imposé par la législation cantonale valaisanne, et le canton ne subventionne pas ce qui découle d'une obligation légale. C'est cohérent, même si cela surprend souvent les maîtres d'ouvrage.
À noter enfin, sur un tout autre plan : le canton indique que le montant d'une aide financière accordée constitue un revenu imposable. Nous ne donnons aucun conseil fiscal ici, mais mieux vaut le savoir avant de faire ses comptes.
L'aide de votre commune, et le plafonnement du cumul
Certaines communes valaisannes ajoutent leur propre soutien à celui du canton. Le SEFH publie une liste des communes bas-valaisannes qui accordent des aides dans le domaine de l'énergie ; dans le district de Monthey, Monthey et Collombey-Muraz y figurent. Deux réserves, et elles sont importantes : le document précise lui-même qu'il n'a pas de caractère officiel, et il ne permet pas de dire quelle mesure précise chaque commune soutient. Un appel au guichet communal vaut mieux que n'importe quelle page web, la nôtre comprise.
Le cumul canton plus commune est admis, mais écrêté : lorsqu'une autre instance accorde une aide, l'aide cantonale est réduite de manière que le total ne dépasse pas la limite fixée par la directive. Concrètement, additionner deux aides ne double jamais le résultat.
Par où commencer, dans le bon ordre
Traitez le volet aide et le volet autorisation ensemble, jamais l'un après l'autre. Depuis le 1er janvier 2026, une air-eau de remplacement sur un bâtiment existant relève en Valais d'une procédure d'annonce à déposer 60 jours avant les travaux : c'est un délai à intégrer au calendrier dès le premier jour, et nous le détaillons dans notre guide sur l'autorisation côté valaisan. Si vous partez de convecteurs, lisez aussi ce qu'implique le passage à un circuit d'eau dans notre guide chauffage électrique : que faire.
Et si votre voisin d'en face vous raconte une procédure différente, il a probablement raison — pour sa rive. La comparaison des deux régimes tient sur une page : Vaud ou Valais, ce qui change vraiment. Vous trouverez enfin les deux guichets côte à côte sur notre page subventions.